09 janvier 2007

Blogosphère, journalistes et politique de gestion de contenus

Trop de blogs, trop d'expression, trop de "on tourne en rond" ?
Au sein de la blogosphère, les plus accros passent leur petit déjeuner à faire le tour des carnets des autres, avant d'aller alimenter le leur, et au lieu de lire le journal. Le stress est palpable sur la plupart des blogs, quels qu'en soient les sujets : les internautes veulent tellement tirer la substantifique moelle des moindres billets d'influence que toute notion de recul, de reflexion, de relativisation a disparue : le nez dans le guidon, la course à l'information, ou plutôt la course à l'assimilation de l'information (pour la digestion il faudra repasser), et surtout vite ! vivre, c'est à dire surfer, réagir, poster un commentaire, voter, donner des fuzz, des crédits, des kudos, bookmarker et partager ses favoris, ajouter des tags, une définition dans Wikipédia, être interactif, au maximum, être au centre du vortex, là où tout se passe, être web 2.0, blogger encore et encore sur tout et son contraire mais ne pas dire bonjour à son voisin.

Bref, le pouvoir est aux internautes veut nous faire croire le sloggan.
Mais du coup, les rédacteurs, les journalistes, euh, vous, moi, (tout le monde dans le même sac), tout ça mélange encore plus les frontières : professionnel, amateur éclairé, passionné, néophyte, simple quidam... Le surnuméraire (bientôt un blog par internaute ?) trouble les enjeux.

Alors les guides font leur place, les revues de consoma(c)teurs (sic), les échanges d'opinion sur produits et services, mais aussi tous les domaines de connaissance, quelle qu'elle soit.

Et du coup, à trop s'éparpiller, malgrè les outils de syndication, d'aggrégation, de mise en commun de bookmarks, de tags, etc, on finit par tout zapper.
Alors (ré)apparaissent les formules collaboratives : l'union fait la force. Le clustering permet de produire un flux de contenu régulier, et si possible de qualité.
On connaissait l'Open Directory Project (DMOZ), et il y a beaucoup d'autres annuaires ou aoutils de recherche de type collaboratifs, plus ou moins réussis, parmi lesquels Fooxx, Zeal, Illumirate, ou le tout récent ChaCha.

Tous font appel à la bonne volonté des internautes pour d'une manière ou d'une autre organiser et compiler des masses de données en vue de produire une information.

Il y a bien sûr Wikipédia et l'annonce d'un moteur de recherche (cf. Wikiasari) déjà évoqué dans un autre billet, ou encore de la nouvelle branche collaborative Citizen Compendium.

Il y a les guides de toutes sortes du simple avis sur Ebay, ToLuna ou Ciao, et puis les guides thématiques qui proposent des avis d'experts. Afin de proposer des bases de contenus les plus riches possibles (en thémes abordés, en volume, en contribution, en pages vues etc) la plupart recrutent des collaborateurs qui seront rétribués, comme http://beaguide.about.com/topics.htm, Blogbridge ou encore plus près de chez nous le blog d'Abondance qui propose de partager sa lettre d'information tout en rémunérant les auteurs.

Ainsi, face à la pléthore d'émetteurs et de sources d'informations, il semblerait que la tendance soit au regroupement et à la fortification de plateformes collaboratives. Les outils et autres widgets de "réseautage interactif" (votez pour ce site, en points, en fuzz ou autres, recommandez ce site, les internautes qui viennent ici vont aussi sur...) tissent une toile qui tend à unifier les chroniqueurs et les "communicants" les plus influents, et en même temps essaie de dresser une cartographie du web 2.0

Alors, entre sites web de 1ère génération, blogs participatifs et tendances "web deux", la prochaine mutation sera-t-elle un retour au site de référence, mais entièrement collaboratif ?